J'm'ennuie, alors je dessine, chacun ses occupations. J'efface tout d'un coup rapide. Encore raté. Un coup d'énervement. Sans arrêt ces coups d'énervement, d'impuissance rageuse. J'ai mal. Comment en suis-je arrivée là? Une succession de " hasards ". Quand j'y pense, ma vie donne l'impression d'un ensemble cohérent, et pourtant constitué d'idées, de désirs non organisés, sensibles à l'instant mais incapables de survivre dans le long terme. Des grands souhaits, des ambitions, ça oui, j'en ai eu. J'n'ai rien réussi à mettre à terme. Toutes mes résolutions, je les voie s'évaporer à la première sollicitation, mes engagements les plus sincères s'étioler le plus souvent sur un coup de tête, mes mots les plus vibrants se dissoudre dans la réalité. C'est comme ça. J'essaie de m'y habituer, n'ayant pas vraiment d'autres choix. Il suffit de le savoir. Efficace et souvent chanceuse dans l'instant, je me sais anéantie dans la longue durée. Tu vois, je vais encore perdre. Bien fait, je pense l'avoir mérité.
" Nikomu nikto ne vinovat
Kazhdoi luzhe po svoyei lune
Tol'ko bol'she net koordinat
Na kotoryh ty naidyoshsya mne. "
" Chase your dreams away
glass needles in the hay
the sun forgives the clouds
you are my holy shroud
I just don't care if it's real
that won't change how it feels
I just don't care if it's real
that won't change how it feels
No it doesn't change
and you can't resist
making me feel eternally missed
and you can't resist
and you can't resist
making me feel... "
" Tes cris se hachent, ta vie se gâche à sucer l'ennemi. J'ai peur de tomber pour ne plus jamais me relever. J'ai peur de toujours te haïr et ma vie passe, je n'ai pas guérie. Tu vois, je me lasse. Fatiguée de t'entendre me dire comment vivre. Fatiguées de porter ces sacs vides. Fatiguée d'écouter parler ces gens qui s'ennuient. Fatiguée d'écouter ces gens qui envient. Fatiguée d'écouter ces gens, je devrais m'allonger. J'ai peur de dormir et ne plus jamais me réveiller. J'ai peur de chaque soir, devoir encore y croire. Des pleurs de panique, visage poncé. Terreur en heure creuse, chaque jour me semble un peu plus court. Chaque minute inutile, chaque jour me coulé plus profond qu'il me soûle. Je n'ai plus le temps. Ruine et couds nos c½urs déchirés, mutilés par tes soins. Je n'aurais jamais, jamais pensé t'abîmer, renoncer. J'abandonne, mes bras lâchent de te voir tellement vrai, tellement toi. Prête à tout perdre pour garder ta chimère, son fantôme. Je me hais, je me suis trompée. J'irais trouver ma force dans la haine que tu allaites. Coller mes mains sur ton c½ur de ranc½ur. En extraire l'âcre suicide. Serrer mes poings sur ton c½ur de ranc½ur. En vider l'âpre liquide d'humeur. Défigurée d'acrimonie facile, te voilà laide de vivre. Affamée de souhaits, trop d'appétits.D'excitation hostile, te voilà raide, avide, affalée. Trop d'appétits ma fille, je pourrais bien finir par te faire vomir. Encore combien d'années, combien de temps. Rien ne sera plus jamais comme avant. Combien de fois au fond de toi, combien de fois. Ta vérité ma détestée. Rien ne sera plus comme avant. "