Je pars.
Aujourd'hui doucement je m'éloigne...
Je marche seule, seule sous l'étouffante chaleur.
Il fait beau. Les rues sont vides.
Je suis en retard...Tan pis.
Qu'est ce que sont quelques minutes dans toute une vie?
il y a bien sûr ces instants qui qui comptent plus que les autres, ceux qui nous font évoluer et que l'on oubliera pas.
Ces rires, ces sourires...Son sourire, triste sourire dont elle habillait son visage doux, et qui pouvait disparaître a chaque instant. A la fois éphémère et éternel...Comment cela est-il possible...?
Je marche toujours, les secondes semblent cruellement longues. Je vis au ralenti.
Je surprend une larme sur ma joue.
Si j'ai beaucoup pleuré? Non.
Une seule larme unique... ce n'est rien au fond... Rien?
Ou peut-être tout justement... Et puis, pourquoi aurais-je pleuré davantage?
Parce qu'il existe des ponts entre nos vies, entre les vivants?
J'avance maintenant plus sûrement.
Mes pensées s'accordent au rythme de mes pas. Je n'entends plus que le bruit de ces pas...
autour de moi, la ville déambule si vite qu'elle n'est plus qu'une suite d'images brouillées, noyées dans ce bruit.
Devant, la route se poursuit, traverse les ponts pour s'engouffrer dans l'horizon, semblable à un ruban de cendre perdu entre les âmes.
Je me sens bien, calme.
A la pensée de ces instants qui sont comme des ponts jetés entre les êtres, je me dis que peut-être rien n'est encore perdu...
Ne plus penser. Le vide.
L'air chaud sur ma peau me garde en contact avec le monde.
J'aimerais simplement marcher et ne songer à rien, rien qu'à mes jambes en mouvement.
Cette manie de trainer les pieds...
Souvent pour chasser mes pensées, je me mets à compter.
Je compte...
les nombres ont ce pouvoir, ils chassent l'angoisse pour un moment.
" un, deux, trois..." Je compte mes pas...
" soixante-quatre, soixante-cinq, soixante-six..."
L'attention est prise. Il faut compter encore...
Une espèce de joie m'envahis, celle de n'être plus qu'un corps en marche.
Je suis en retard...
[ Maïna ]
* Je suis en retard...